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par
Valérie de Bruc
sommaire
Février
2005

Accords
d’entreprise et la consultation des salariés
Pris
en application de la loi du 4 mars 2004, le décret
du 28 janvier 2005 fixe les modalités de consultations
des salariés qui est nécessaire dans certains cas
pour valider une convention ou un accord d’entreprise.
1er
cas : les accords conclus avec des délégués
syndicaux
-
les accords concernés : les accords conclu avec un
ou plusieurs syndicats doivent, pour s’appliquer, être
ratifiés par la majorités des salariés de
l’entreprise ou de l’établissement dans 2
cas
o si l’accord a été signé par des
syndicats minoritaires aux dernières élections
du CE dans des entreprises soumises à un accord de branche étendu
subordonnant la validité des accords à la signature
des syndicats majoritaires.
o Si l’accord a été signé dans une
entreprise ou il y a eu carence d’élection professionnelle.
-
les modalités :
o la date de consultation : la consultation des salariés
intervient après la conclusion de l’accord. Les
syndicats qui sollicitent cette consultation doivent faire leur
demande par écrit dans les 8 jours (à compter de
la signature de l’accord) à l’employeur et
autres organisations syndicales
o l’employeur fixe les modalités d’organisation
de la consultation, après consultation de organisations
syndicales. Il a 15 jours pour répondre par écrit
et définir les points suivants : les modalités
d’information des salariés sur le texte de la convention
; le lieu, la date, l’heure du scrutin ; les modalités
d’organisation du vote ; le texte de la question soumise
au vote. Les salariés doivent être informés
au moins 15 jours avant le vote.
o En cas de désaccord avec les syndicats sur les modalités
retenues par l’employeur, le Tribunal d’Instance
peut être saisi.
-
organisation matérielle du scrutin
o la consultation doit avoir lieu pendant le temps de travail, à bulletin
secret.
o l’organisation incombe à l’employeur
o l’accord est ratifié à la majorité des
suffrages exprimés
o affichage du PV
2nd cas : les accords conclus par mandatement syndical
-
en l’absence de représentants élus et
de délégué syndical, la convention de branche étendue
peut prévoir que les conventions ou accord d’entreprise
puisent être conclu avec un ou plusieurs salariés
expressément mandaté par une organisation syndicale.
Cela semble être le cas dans l’accord de la branche
sanitaire, sociale et médico-sociale à but non
lucratif.
-
Les modalités : l’employeur fixe par écrit
les modalités d’organisation de la consultation
aux salariés mandatés en définissant :
les modalités d’information des salariés
sur le texte de la convention ; le lieu, la date, l’heure
du scrutin ; les modalités d’organisation du vote
; le texte de la question soumise au vote. Les salariés
doivent être informés au moins 15 jours avant
le vote.
-
Organisation matérielle du scrutin : idem
accord conclu avec une organisation syndicale
Entrée
en vigueur :
Date : le 31 janvier 2005
Toutefois, pour les consultations liées au mode de validité mis
en œuvre par les accords de branche étendus, les
dispositions du décret ne s’appliquent qu’à la
signature de ces accords de branche.
En revanche, dans le cas des accords dont la validité est
subordonnée à l’absence d’opposition
majoritaire, le décret est applicable immédiatement
aux consultations qui devront être réalisées
dans les entreprises ayant au moins un délégué syndical
mais placé en situation de carence d’élections
professionnelles.
Accords
d’entreprise
: opposition syndicale
Le
Tribunal de Grande Instance de Paris a été saisi
d’une question d’interprétation de la loi
du 4 mai 2004, qui l’a amené à déterminer
les conséquences sur l’appréciation du caractère
majoritaire de l’opposition syndicale.
Il
en découle que l’appréciation de la majorité ou
la minorité s’effectue uniquement lors du premier
tour des élections.
Visite
médicale
de reprise
Deux
arrêts de la Cour de Cassation viennent semer le
trouble dans les règles applicables en terme de visite
médicale de reprise.
Dans
deux arrêts du 19 janvier 2005, la Cour de Cassation
précise que la prolongation, sans discontinuer, de l’arrêt
de travail prescrit par le médecin traitant ne fait pas
obstacle à la mise en œuvre d’une visite médicale
de reprise mettant fin à la suspension du contrat de travail
et à la constatation par le médecin du travail
de l’inaptitude du salarié.
Ainsi,
dans ces deux affaires, une visite médicale de
reprise a été réalisée alors qu’il
n’y avait aucune reprise effective du travail. Dans ce
cas, il a été considéré que les salariés
s’étaient rendus disponibles pour cette visite.
Ces
arrêts ne règlent toutefois pas le problème
de la différenciation à effectuer avec la pré visite
de reprise, et des conséquences de cette jurisprudence
sur les modalités de licenciement en cas d’inaptitude.
Emploi
des travailleurs handicapés
La
loi du 11 février 2005 concernant l’égalité des
droits et des chances a été publiée. Elle
a pour objectif de favoriser l’emploi de travailleurs handicapés
plutôt que le versement de la contribution.
Obligation
d’emploi :
Compte tenu de l’impact de cette réforme pour les
employeurs, l’entrée en vigueur de la plupart des
dispositions est reportée au 1er janvier 2006.
Par conséquent, la première déclaration
annuelle prenant en compte la nouvelle législation devra être
réalisée en 2007 pour l’année 2006.
Effectif
d’assujettissement
:
Toujours plus de 20 salariés avec des modalités
de décompte modifiés.
Bénéficiaires
:
La liste des bénéficiaires de l’obligation
d’emploi est la suivante :
- les travailleurs handicapés reconnus par la Commission
des droits et de l’autonomie des personnes handicapées
(commission qui se substitue à la COTOREP)
- les titulaires d’une carte d’invalidité ou
de l’AAH (Allocation aux Adultes Handicapés)
Exécution de l’obligation
:
La loi modifie sensiblement les modalités de décompte
des bénéficiaires :
- à compter du 1er janvier 2006 : chaque bénéficiaire
quelque soit la nature du contrat et dont le contrat aura au
moins duré 6 mois, comptera pour une unité et non
plus au prorata.
- à compter du 1er janvier 2006, la loi supprime les critères
supplémentaires.
- les modalités de calcul de la contribution AGEFIPH seront
totalement modifiés à compter du 1er janvier 2006
Sanctions :
- en cas de non respect, à partir de 2006, pénalités à verser
au Trésor Public correspondant au montant de la contribution
AGEFIPH majorée de 25%.
- En cas de non respect, l’accès aux marchés
publics ne sera pas admis.
Conditions de travail :
- obligation d’aménagement raisonnable et de prise
de mesures appropriées pour les travailleurs suivants
:
o travailleurs reconnus handicapés par la Commission des
droits et de l’autonomie des personnes handicapées
o victimes d’accidents du travail et maladies professionnelles
ayant entraîné une incapacité au moins égale à 10%
o titulaires d’une pension d’invalidité sous
condition
o ancien militaire titulaire d’une pension d’invalidité
o ancien pompier titulaire d’une rente d’invalidité
o titulaire de la carte d’invalidité
o titulaire de l’allocation aux adultes handicapés
- obligation d’aménagement des horaires
- rémunération : à compter du 1er janvier,
le salaire versé ne peut être inférieur aux
dispositions légales ou conventionnelles. Une aide pourra être
octroyée par la DDTE.
- reclassement d’un salarié inapte : mise en œuvre
de l’obligation de reclassement avec étude de la
modification des horaires de travail, et possibilité de
suspension du contrat pour effectuer un stage de reclassement
professionnel. Les modalités du stage ne sont pas fixées.
- Licenciement : la durée du préavis est doublée
avec un maximum de 3 mois.
Obligation
de négocier :
La loi fait de la négociation collective sur l’insertion
professionnelle et le maintien dans l’emploi des travailleurs
handicapés une obligation, tant au niveau de l’entreprise
que de la branche.
Accident du travail : revirement de jurisprudence
Le
salarié victime d’un accident du travail après
que l’employeur lui ai envoyé une lettre de licenciement
mais avant de l’avoir reçu, peut il se prévaloir
de la nullité du licenciement ? La Cour de Cassation,
dans un arrêt du 28 janvier 2005, a répondu par
la négative. |